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3 mai 2017 : Et, la presse marcha pour de meilleures conditions de travail


Rédigé le Jeudi 4 Mai 2017

C’est une première, la presse sénégalaise dans la rue pour étaler ses maux pour une date aussi symbolique que le 3 mai. Ils ont marché ce mercredi pour tirer la sonnette d’alarme à propos de leurs difficultés. Menacés, les acteurs de la presse ont quitté les rédactions pour se faire entendre.


Ils étaient tous là, toutes les générations de journalistes ont pris part à cette marche historique du 3 mai 2017 à la mythique Place de la Nation ex Obélisque. De Mame Less Camara qui a formé plusieurs générations de journalistes en passant par le très engagé Sidi Lamine Niasse à Serigne Mbaye Dramé, un  étudiant en journalisme en formation au Centre des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI), tous les journalistes étaient là, pour marcher. Les stars de télévision, les visages anonymes de la presse, de la presse en ligne mais aussi de la radio, ont tous pris part à cette manifestation. 
  
Une procession qui a décollé vers les coups de seize et demi, et durant prés d’une heure, les journalistes ont battu le macadam pour dénoncer les mauvaises conditions de travail. 
  
Cet après-midi du 3 mai, le ciel était clément pour la marche de la corporation des journalistes comme pour dire que la voix est libre vous pouvez marcher. 
Tous étaient là, les pancartes ou l’on pouvait lire « nous voulons notre code, non à une presse entre les mains de lobbys… ». Des tee shirts rouges avec des messages « Marche nationale national de la presse ce 3 mai ». Le rouge était la couleur de la contestation pour inviter les pouvoirs publics à accélérer le pas et voter ce projet de code de la presse qui valse entre l’Assemblée et la table du Conseil des ministres depuis 2009.
 
 
3 mai 2017 : Et, la presse marcha pour de meilleures conditions de travail
Un ciel clément pour les journalistes 

Ce mercredi de la presse, a réuni et tous les acteurs de la société nous ont rendu l’ascenseur en répondant massivement à l’appel des médias du Sénégal. Politiciens, membres de la société civile, syndicalistes avec le Syndicat de l’enseignement supérieur (SAES), le Cusems, Y’en a marre, d’autres visages de la société civile étaient aussi de la partie, les parlementaires aussi étaient de la partie, Seynabou Wade, Hélène Tine, mais l’image le plus symbolique reste sans nul doute celle du président du groupe parlementaire majoritaire Benno Bokk Yakaar, Moustapha Diakhaté brandissant une pancarte. 
  
Et, sur tout le parcours de la Place de l’Obélisque en passant par le boulevard du Centenaire de Dakar, les populations qui habitent ses rues sortaient pour jeter un œil furtif sur cette procession ou l’on entendait le son du reggaeman ivoirien Alpha Blondy depuis un camion qui faisait office de sonorisation, « la démocratie du plus fort est toujours la meilleure ça se passe comme ça ». Des populations qui sans doute prises de court de cette marche et qui se posent des questions sur l’identité des marcheurs. 
  
Excusez-moi grand qui marche ? 
  
« La presse hun, ok, et pourquoi vous marchez, nous voulons de meilleures conditions de travail. D’accord, vous avez raison monsieur, vraiment vous faites un bon travail vous nous donnez tous les jours l’information, l’Etat doit vous assister. Vers le rond-point du Centenaire qui fait face à l’imposant bâtiment de la Bceao, une élève curieuse peut être, une jeune fille à peine, fait demi-tour, excusez grand, qu’est-ce qui marche comme ça, ce sont les journalistes. Elle mime un sourire qui dévoile une bouche large comme un fruit défendu, et des yeux qui, lorsqu’ils se posent sur vous, vous enveloppe entier. Mais la sveltesse juvénile de sa silhouette révèle son jeune âge. 
  
Sur les artères de l’avenue Centenaire ou les échoppes tenues en général par des chinois des boutiques qui ont effacé pourtant toute autre vie dans ce quartier de Dakar en plein cœur de la capitale. Mais les quelques personnes debout devant les portails de leur maisons jettent un œil amusant sur ces marcheurs. Un boulevard réservé le temps d’un après-midi aux journalistes du Sénégal. 
Une marche que les automobilistes observent depuis leur volant de véhicules, le regard furtif. 
 
3 mai 2017 : Et, la presse marcha pour de meilleures conditions de travail
L’ambiance était au rendez-vous joindre l'utile à l'agréable  

L’ambiance était bon enfant, une ambiance de retrouvailles pour certains, pour d’autres mettre un nom sur les visages de quelques grands hommes et femmes qui ont leurs noms à la fin d’un article de journal.   
  
Une ambiance assurée par la jeune garde qui est en train de prendre le pouvoir dans les rédactions délaissées par les vieux rompus à la tâche. Une jeune génération soiffe de marquer leur époque dans un environnement difficile certes mais le journalisme, c’est tout d’abord une passion, il faut l’aimer pour le pratiquer. C’est aussi un art. Et, pour que cet art continue de rayonner, il faut des conditions de sa pratique. 
  
Les femmes n’étaient pas en reste. Elles ont répondu à l’appel. Toujours fringantes, lunettes de soleil, rouge à lèvre bien appuyé, pantalon à la place des robes et des baskets en lieu et place de des ballerines et des hautes talons, sifflet à la bouche pour donner de l’ambiance à cette manif’. 
  
Dans les rangs des marcheurs on pouvait voir aussi la jeune génération de journaliste, et des étudiants en journalisme, dans leur uniforme scandant « nous voulons notre code de la presse, non à une presse précarisée », un message dont ils saisissent tout le sens car eux aussi sont concernés parce qu’ils se forment pour intégrer la profession. 
  
En effet, il n’y avait pas que les journalistes, les techniciens audiovisuels, les photojournalistes dont les flashs fusés de partout pour immortaliser l’instant présent, les caméramens pour les images, étaient tous là. 
  
Arrivé, à hauteur de la Radio-Télévision du Sénégal (RTS), point de chute d’une marche bien encadrée par les forces de l’ordre sans aucuns heurts, les journalistes ont fait le job. Une déclaration pour clôturer la marche. Et, au fur et à mesure que les marcheurs avalés les mètres qui séparent la Place de la Nation et la Rts, les politiciens se joignaient à la masse.   

Par Khadim FALL
Source : PressAfrik
 




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